Maurice DENIS
(1870-1943)
Ecole française
Joueuse de tambourin
Pastel sur papier. Signé en bas à droite.
Dimensions:
47 x 30 cm
Biographie
Provenance : Ancienne collection du Comte de Beaumont. Plusieurs indications au dos, Joueuse de tambourin 1913, bacchanale au Tigre pour Genève.
Il s’agit probablement d’une étude pour un magasin de Genève nommé le tigre royal.
Maurice Denis, né le 25 novembre 1870 à Granville (Manche), mort à Paris le 13 novembre 1943, est un peintre, décorateur, graveur, théoricien et historien de l’art français.
Après des études au lycée Condorcet où il rencontre Edouard Vuillard et Ker Xavier Roussel, Denis se forme au Louvre où Fra Angelico détermine sa vocation de peintre chrétien, marquée ensuite par la découverte de Pierre Puvis de Chavannes.
Il étudie simultanément à l’École des beaux-arts et à l’Académie Julian en 1888 mais il quitte rapidement la première, la jugeant trop académique. Il rencontre cette même année Paul Sérusier qui lui offre un tableau, le Talisman. Il fonde avec ce dernier l’école des Nabis et en devient le théoricien[1]. Plus ou moins détachés du christianisme, les Nabis cherchent des voies spirituelles au contact de philosophies et de doctrines nouvelles teintées d’Orient, d’Orphisme et d’Ésotérisme. En 1892, au Salon des Indépendants, à vingt-deux ans il présente un tableau énigmatique « Mystère (Matin) de Pâques » signé en bas à droite du monogramme « Maud » qui ajoute encore au mystère de l’œuvre.
En 1889, il découvre lors de l’exposition universelle la peinture de Paul Gauguin dont l’influence sera déterminante dans la suite de son œuvre. Il acquiert d’ailleurs l’une de ses peintures en 1903, L’autoportrait au Christ jaune, actuellement au musée d’Orsay. Il rencontre Marthe Meurier en 1890 qu’il prend comme modèle dans de nombreux tableaux et qu’il épouse un an plus tard.
À partir de 1890, il revient à un art plus décoratif, peignant de grands panneaux pour les habitations de plusieurs mécènes. Il achève ainsi en 1897 La Chasse de Saint-Hubert sur sept panneaux. Mais dès 1892 Maurice Denis délaisse une iconographie traditionnelle pour des symboles plus personnels. Il use d’une thématique inspirée par la poésie symboliste et la poésie épique du Moyen-Age. Il introduit l’image de la femme dans des jardins paradisiaques dans lesquels les nuances et la pâleur des tons viennent révéler l’atmosphère rêveuse des lieux. Il découvre l’Italie sa seconde patrie en compagnie de sa femme et de son ami, le musicien Ernest Chausson, chez qui il loge à Fiesole. Il y peint une série de paysages et y fera dix voyages. Son style évolue progressivement, le peintre introduisant un certain modelé ainsi qu’une perspective du décor, retrouvant ainsi une tradition classique, dont témoigne, par exemple, Figures dans un paysage de printemps (1897). À partir de 1898, il aborde le thème des baigneuses au cours de plusieurs séjours à Perros-Guirec en Bretagne où il achète la villa Silencio. En 1906 il voyage avec Ker Xavier Roussel en Provence et sur la côte où la lumière des bords de mers lui permet d’exalter les couleurs et de souligner la violence qui émane souvent de ces légendes.[2].
Il réside une grande partie de sa vie à Saint-Germain-en-Laye, utilisant les locaux d’un vieil hôpital et appartenant à la paroisse. Il y construit un atelier en 1912 et devient propriétaire des lieux à partir de 1914 qu’il renomme Prieuré. Son succès est alors international, il est au sommet de son ascension social. La guerre et la mort de sa femme Marthe le 22 août 1919, après de nombreuses années de maladie, renforce son action pour un art Chrétien. Il se consacre alors à la décoration de la chapelle de son prieuré par des fresques murales, la conception des vitraux, du mobilier, le tout sur le thème de Sainte Marthe. Bien qu’inachevée, elle est inaugurée le 25 mars 1922. Elle sera utilisée à plusieurs reprises dans un but religieux puisque le peintre y mariera plusieurs de ses enfants. Il épouse cette même année Elisabeth Graterolle. Il enseigne à l’académie Ranson de 1908 à 1921. Il fonde en 1919 les Ateliers d’Arts Sacrés avec Georges Desvallières, formant toute une génération de jeunes peintres. Sa reconnaissance officielle atteint son apogée après la fin de la première guerre mondiale et plusieurs expositions rétrospectives montrent son travail (Biennale de Venise en 1922, Pavillon de Marsan à Paris en 1924. Il dispose de plusieurs mécènes et Étienne Moreau-Nélaton acquiert l’une de ses œuvres, Amour, Foi, Espérance (1915) qu’il donne au musée du Louvre en 1919. Catholique, membre du Tiers-ordre dominicain, il interprète des thèmes dominicains empreints de tendresse. Politiquement il est proche de l’Action française. Il reçoit le grade de commandeur de la Légion d’honneur en 1926. Il est élu membre de l’Académie des Beaux-Arts en 1932.
Références
- Benezit
- Artprice, Artnet
Musées
1903 : Église Sainte-Marguerite, Le Vésinet : Chapelles de la Vierge et du Sacré-Cœur, déambulatoire.
1912-1913 : coupole (et exèdre, aujourd’hui disparue) du Théâtre des Champs-Élysées : Histoire de la musique. Les toiles sont réalisées dans son atelier de Saint-Germain que Perret vient de construire pour l’occasion.
1915-1920 : chapelle du Prieuré à St Germain en Laye.
1920 : église Saint-Germain à Gagny : La Bataille de la Marne.
1922-1927 : église Notre-Dame-de-la-Consolation due aux frères Perret, Le Raincy : Vie de Marie, la traduction des maquettes en vitrail fut confiée à Marguerite Huré, collaboratrice des Ateliers d’Art Sacré.
1923-1927 : église Saint-Louis, Vincennes : Les Béattitudes et la Glorifification de St-Louis.
1925 : Petit-Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, coupole Dutuit : Histoire de l’Art Français.
1931 : église Notre-Dame-des Missions à Épinay : Saint-Pierre et saint-Paul évangélisateurs.
1931 : escalier du Bureau international de Travail à Genève : Christ aux Ouvriers, Dignité du Travail.
1934 : église du Saint-Esprit, Paris 75012 : La Pentecôte.
1934 : baptistère de l’Église saint-Nicaise de Reims : La Source de Vie.
1937 : galerie Latérale du Palais de Chaillot à Paris : la Musique sacrée et la Musique profane.
1937 : lycée Claude Bernard à Auteuil : Hall, la culture française classique.
1938 : salle d’ Assemblée des Nations à Genève.
1938 : église de Lapoutroie, Haut-Rhin : quatre scènes de la vie de sainte-Odile.
1941 : abside de la chapelle du pensionnat du Sacré-Cœur de Crète : évocation de Marie-Médiatrice.
1943 : basilique de Thonon son dernier Chemin de Croix
Musée Maurice Denis au Prieuré à Saint Germain en Layes, Musée du Petit Palais à Paris, Musée d’orsay à Paris, Musée de l’évêché à Limoges, Musée des Beaux Arts de Rennes, Musée des Beaux Arts d Nantes, Musée du Louvre à Paris, Musée à Hambourg en Allemagne, Musée Municipal de Pont-Aven, Musée départemental de Beauvais, Musée Bonnat à Bayonne, Musée des jacobins à Morlaix, Musée des augustins à Toulouse, Musée d’Art Moderne à Troyes, Musée des Beaux Arts de Tourcoing, Musée des Beaux Arts de Lyon, Florence à la Galleria degli Uffizi en Italie, Nationalgalerie à Berlin en Allemagne, Musée Eugène Delacroix à Paris.